Cesta punta, Section- Biarritz, pas une finale mais...

Ce n’est pas une finale mais c’est une finale, celle de la poule 1 du championnat de France qui s’est joué en deux parties, l’une pré-américaine, l’autre post américaine puisque la saison US à Dania s’est intercalée dans le calendrier .
Elle n’a pas beaucoup d’importance puisque de l’autre côté dans la poule 2, les trois équipes en lice sont encore en lice pour se qualifier, mais elle a une importance. Le classement est lié au résultat de la dernière partie entre St Jean de Luz et Guéthary, or elle se joue samedi quand palois et biarrots en décousent ce vendredi…
Du sang de champion
Oui mais voilà, il coule désormais dans les veines des prétendants à la couronne du sang de champions. La cocarde tricolore irait tout aussi bien agrafée sur le veston des palois Olharan et Portet, que sur ceux des biarrots, les frères, Sorozabal, les getariars Laduche et Etcheto, les bidartars, Garcia et Basque ou encore des luziens Tambourindéguy et Laborde, tenants du titre d’ailleurs …
Il ne manque donc pas grand monde au rendez-vous du sprint final, mais on aura tout de même une pensée pour le malheureux David Minvielle, dont la probable dernière campagne s’est achévée, sur blessure, alors qu’il n’avait pas joué dix points…
L’ADN des compétiteurs
Vous l’aurez compris si les palois de la Section et les biarrots du BAC ont en poche le billet pour le dernier carré, c’est du prestige qui est accroché au bout du rendez-vous de vendredi soir, c’est du fameux ascendant psychologique dont il est question entre quatre garçons super potes, oui sauf quand ils jouent les uns contre les autres, c’est de rester invaincus et d’emmagasiner un maximum de confiance, c’est de gagner tout simplement puisque c’est là l’essence du sport, l’ADN des compétiteurs que sont ces joueurs… Alors oui le face à face, Section-Biarritz vaut le déplacement.
Les joueurs à l'analyse
Dans cette opposition Section Paloise – Biarritz Athlétic-Club les Palois n’affichent pas les meilleures statistiques, devancés par leur jeunes adversaires Franco-américains. Ils auront cependant l’avantage de jouer à domicile. Le duo Biarrot des frères Johan et Gorka Sorozabal avance des qualités et des savoir-faire impressionnants. S’ils mènent le jeu, il y aura danger. Analyse des forces en présence, aujourd'hui les deux avants;
Jean OLHARAN
Après un passage difficile, il retrouve de l’envie ; le physique s’améliore, la mobilité sur la cancha allant de pair, la gestion du jeu s’en trouve bonifiée. Son naturel attaquant reprend date. La puissance retrouve son meilleur niveau lui permettant de claquer ses meilleurs deux-mur où gérer l’érébot pour bouger ses adversaires de leur positions établies. On parie sur sa technicité pointue pour enflammer ce défi. Il joue en parfaite osmose avec son partenaire ; le duo sait se remobiliser en cas de soucis et Jean a la capacité de se surpasser pour prendre la direction du jeu.
Johan SOROZABAL
Puissance de frappe, force physique impressionnantes, l’avant tape très fort et ses pelotes s’avèrent difficiles à contrôler dans le gant. Il possède une panoplie de jeu impressionnante, tous les coups possibles sont « en magasin ». Il sait se créer des ouvertures et placer son attaque, son lâcher, son « tornillo » gagnant au mur du fond. Il est volontaire et prend un maximum de pelotes avec sa grande taille. L’en priver peut se révéler une stratégie payante pour les Palois. Johan n’aime pas rester inactif, s’agace et prend alors tous les risques et peut se mettre à la faute. Avec sa fougue, il n’hésitera pas à tester son vis-à-vis Oharan et on peut s’attendre à un duel des grands jours.
Les joueurs à la question
Quel est à tes yeux l’importance de terminer premier de la poule ?
-Jean Olharan : « Elle n’est pas très grande, d’autant moins que de l’autre côté, dans l’autre poule on ne saura même pas qui se qualifie ni dans quel ordre. Alors oui, premier pour dire qu’on les a battus mais pas par rapport à la demi-finale. »
Johan Sorozabal : « Ce n’est pas capital mais c’est toujours mieux de gagner, d’être premiers et de faire trois sur trois… Pau n’a pas perdu non plus donc, gagner c’est aussi battre les favoris... »
Que crains tu le plus chez tes adversaires ?
-J.O : « La vitesse de la pelote assurément. Johan tape très fort, vraiment très fort. Je me suis souvent entraîné avec lui à Biarritz pendant les deux mois d’interruption en raison de la saison à Dania, et j’ai pu le vérifier, et comme des quatre sur la cancha c’est moi qui subit le plus, bonjour... »
J.S : « Jean et Jérôme sont d’abord deux très très bons joueurs et ils forment une très bonne équipe qui a l’avantage de se connaître parfaitement depuis le temps qu’ils jouent ensemble. Ils sont très complets. »
Est-ce très différent de jouer dans un jaï alaï plutôt qu’un autre ?
-J.O : «Oui, la différence est grande d’un mur à l’autre. Chez nous c’est très particulier au niveau des effets, c’est beaucoup moins naturel qu’à Biarritz par exemple et c’est valable autant pour le mur de frappe que pour l’érébot, je préfère les murs de Biarritz par exemple. »
-J.S : « Au tout début quand tu découvres les jaï oui, c’est un peu dur, mais avec le temps tu apprends à connaître un peu tous les frontons et celui de Pau on y vient quand même régulièrement pour la Pau Cu, la Cesta de Nadaü donc on commence à bien le connaître, disons que ça se lisse avec la répétition des parties. »
(à suivre)
Présentation de Raymond Cazadebat et Gérard Bouscarel